Vive la fête comme une injonction, un manifeste kitsch pop enthousiaste. Né d’un réel coup de foudre en 1997, Danny Mommens, alors bassiste de dEUS, et la déesse platine Els Pynoo ont ainsi initié la formule d’un cocktail détonnant : quelques zest de new wave rampante sous le joug de boucles électro entétantes creusent le sillon d’une pop clamée dans la langue de Gainsbourg, Dutronc et France Gall. Hommage au Jour de fête de Jacques Tati, l’audace et la douceur s’emparent d’un français célébré comme matériau sonore en soit, mantras post-industriels à partir desquels se lovent et se déploient la quintessence d’un rock glamour langoureux et brillant. Un vrai shot d’érotisme pur.
Après deux premiers albums sucrés et cinglants (Attaque Surprise en 2000 et République Populaire en 2001), Vive La Fête s’est dès lors fait repérer par le couturier Karl Lagerfeld, qui aime à se déclarer comme leur plus grand fan au monde. En 2002, le groupe assure donc le show et la musique pendant les défilés Chanel à Paris, Tokyo et Las Vegas ; invités par la Princesse Caroline de Monaco avec Ringo Starr et Marianne Faithfull, ils suscitent l’étonnement puis l’engouement au prestigieux Bal De La Rose, et acquièrent déjà une reconnaissance médiatique et publique sans frontières, en enchaînant les albums et les tournées dans le monde entier.
DISQUE D’OR prolonge cet hédonisme qui retient aussi des années 80 l’empreinte du surréalisme, distillé jusque dans ses motifs minimalistes ou fluos. Il radicalise et assume ce lot d’influences qui doivent tant à la fois au rock’n’roll et à la fraîcheur d’une certaine variété française qui ironise et espère. Plus que tout, le reflet d’une vie assumée, superficielle et réfléchie, balancée entre le cadre bucolique du studio de leur ferme domestique, aux grandes scènes internationales et virées sur la 5th Avenue. Dérision sincère et amoureuse de Els qui ose jusqu’aux slow de Mira et qui « fait comme tout va bien » sur le génial Je ne pourrais pas. Douze titres élancés, un diptyque énoncé par l’amour physique et l’aveu Courtois et synthétisé par des ghost tracks flamboyants et fiévreux (8 min 42 et 25 min à partir du dernier morceau). Autant de richesses défendues en live de Bruxelles à Sao Paulo en passant par New York, Moscou, Paris, Milan, Berlin…
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